52 avant J.-C. – le siège d’Avaricum
« La plus belle ville de toute la Gaule ». Jules César – La Guerre des Gaules.
Quand jules césar assiège bourges
En 52 avant Jésus-Christ, Jules César assiège Avaricum, la capitale des Bituriges Cubes, au cœur du Berry.
Dans La Guerre des Gaules, il décrit la cité comme « l’une des plus belles et des plus solides villes de toute la Gaule ».
Une ville forteresse
Protégée par un puissant rempart de pierre et de bois, Avaricum est un oppidum organisé, doté de rues, de places et d’une position naturelle difficile à attaquer.
La chute : un bain de sang
Grâce aux engins de siège — balistes, catapultes, onagres — la ville est prise.
Dans le secteur de l’actuelle cathédrale Saint-Étienne, au cœur du centre historique de Bourges, le massacre s’abat sur la population.
Environ 40 000 habitants sont tués. Seules quelques centaines d’âmes — environ 800 — parviennent à s’échapper.
Avaricum est anéantie, entre les marais de l’Yèvre et de l’Auron.
Une prouesse militaire
Malgré le froid, la pluie et la résistance gauloise, César impose un travail acharné à ses légions.
En 25 jours, les Romains construisent une immense terrasse d’assaut (agger), large de 100 mètres et haute de 27 mètres, presque au contact du rempart.
Une mémoire enfouie
La ville romaine reconstruite efface presque toute trace gauloise. Il ne subsiste aujourd’hui que des traces du fossé du rempart, probablement situées dans le secteur du Jardin de l’Archevêché.
Avaricum demeure un symbole fort :
- de la résistance gauloise
- de la domination romaine
Quand Bourges s’appelait Avaricum
Le site de Bourges a été occupé de longue date. La colline, entre les vallées de l’Auron et de l’Yèvre, celle-ci très marécageuse, était propice à l’habitat et à la défense. Si des témoignages datant de la préhistoire sont attestés par les fouilles archéologiques, ainsi que des mentions de menhirs et dolmens disparus, c’est seulement à l’Age du Fer (Hallstatt) qu’une agglomération s’est implantée. C’était une résidence princière, compte tenu du mobilier trouvé, notamment près du collège Littré (céramiques grecques) et des tombes de Lazenay.
Un quartier artisanal était installé sur le site de Port-Sec, des habitats en divers secteurs. En 52 avant Jésus-Christ, Jules César assiège Avaricum, citée dans sa « Guerre des Gaules » (De Bello Gallico), sa première apparition dans les textes. C’était la capitale du peuple des Bituriges Cubes, qui occupait un territoire à peu près assimilable au Berry. César la considère comme « une ville qui est, ou peu s’en faut, la plus belle de toute la Gaule, qui est la force et l’ornement de leur pays ». Cet oppidum, entouré d’un rempart dont il détaille la construction en pierre et en bois (murus gallicus) protégeait une cité dotée de rues et de places. Prise grâce à une rampe d’assaut et à des machines de guerre, Avaricum vit sa population massacrée. L’implantation d’une ville romaine sur le même site a fait totalement disparaître les traces gauloises, sauf une petite portion du fossé bordant le rempart.
La nouvelle cité présentait toutes les caractéristiques de l’urbanisme romain, avec une partie de son plan orthonormé, et des édifices monumentaux, temples, amphithéâtre, cryptoportique, thermes, aqueducs et fontaines. Avaricum était l’une des grandes agglomérations de la Gaule, du Ier au IIIe siècle. Puis, au IVe, elle s’est enfermée dans un rempart renforcé d’une quarantaine de tours et ouvert de quatre portes, d’une superficie beaucoup plus restreinte, environ vingt-cinq hectares. Cette enceinte a été fondée sur les pierres des édifices monumentaux, sur lesquelles a été bâti un mur en petit appareil de briques.
Philippe Goldman
Avaricum, une mémoire dessinée de père en fils
À travers ces deux représentations du siège d’Avaricum, une même histoire se transmet de génération en génération. En 1958, Michel Capo livre sa vision de cet épisode majeur de l’histoire de Bourges dans un dessin à l’encre de Chine. Près de soixante-dix ans plus tard, son fils Bernard Capo s’inspire du travail et de la représentation réalisée par son père pour concevoir sa propre planche dans l’album Les Grandes Heures de Bourges. Deux regards, deux époques, mais un même attachement à la mémoire de la cité berruyère, dans une filiation artistique où l’histoire et le geste se transmettent de père en fils.
Pour aller plus loin
Bien avant de devenir la ville que nous connaissons aujourd’hui, Bourges portait le nom d’Avaricum. Capitale du peuple gaulois des Bituriges Cubes, cette cité occupait une place importante dans la Gaule antique. Son histoire, marquée par la prospérité, la guerre et la transformation, nous est notamment connue grâce au récit de Jules César dans La Guerre des Gaules et aux découvertes archéologiques réalisées sur le territoire berruyer.
Pour mieux comprendre cette période fondatrice, trois moments clés permettent de retracer l’histoire d’Avaricum : la naissance d’une grande cité gauloise, le siège mené par les légions romaines en 52 avant notre ère, puis la transformation de la ville après sa conquête et la naissance de la Bourges antique.

Avaricum, une cité gauloise majeure
Au Ier siècle avant notre ère, Avaricum — l’actuelle Bourges — est la capitale du peuple des Bituriges Cubes. La cité occupe une position privilégiée sur une hauteur située entre les vallées de l’Auron et de l’Yèvre, dont les marais constituent une protection naturelle efficace. Cette implantation, favorable à la fois à l’habitat, aux échanges et à la défense, contribue au développement d’une agglomération importante bien avant la conquête romaine.
Les découvertes archéologiques attestent d’une occupation ancienne du site, depuis la préhistoire jusqu’à l’âge du Fer. À l’époque gauloise, Avaricum apparaît déjà comme une cité structurée et prospère. Les vestiges retrouvés sur différents secteurs de la ville, notamment près du collège Littré ou dans les tombes de Lazenay, témoignent de l’importance de cette installation et de ses échanges avec le monde méditerranéen. Dans La Guerre des Gaules, Jules César décrit d’ailleurs Avaricum comme l’une des plus belles villes de toute la Gaule, soulignant son rôle majeur au sein du territoire des Bituriges.
Le siège des légions de César
En 52 avant Jésus-Christ, dans le contexte de la grande révolte gauloise menée par Vercingétorix, Avaricum devient l’un des principaux objectifs des légions romaines. Le chef arverne préconise alors une stratégie de la terre brûlée afin d’empêcher les Romains de se ravitailler. Pourtant, les habitants d’Avaricum refusent d’abandonner leur cité. Confiants dans la solidité de leurs remparts et dans la protection offerte par les marécages environnants, ils choisissent de résister.
Jules César entreprend alors un siège long et méthodique. Les Romains déploient toute leur maîtrise de l’ingénierie militaire : machines de guerre, tours d’assaut et gigantesques rampes sont construites afin d’atteindre les fortifications gauloises. Les défenseurs opposent une résistance acharnée, incendiant les ouvrages romains et lançant projectiles et traits depuis les remparts. Ce siège, décrit avec précision par César lui-même, illustre l’intensité des affrontements qui marquent la conquête de la Gaule.


La chute d’Avaricum et la naissance de Bourges antique
Après plusieurs semaines de combats, les légions romaines parviennent finalement à pénétrer dans la ville. La prise d’Avaricum se transforme alors en tragédie : selon le récit de César, la population est presque entièrement massacrée. L’oppidum gaulois, protégé par son rempart de type murus gallicus, disparaît presque totalement à la suite de cet épisode.
Sur ce même site se développe ensuite une ville romaine monumentale, organisée selon les principes de l’urbanisme antique. Avaricum se dote de temples, de thermes, d’un amphithéâtre, d’un cryptoportique, ainsi que d’aqueducs et de fontaines. Du Ier au IIIe siècle, la cité figure parmi les grandes agglomérations de la Gaule romaine. Au fil des siècles, la ville se transforme, se rétracte derrière de nouvelles murailles et donne naissance à la Bourges médiévale puis moderne. Ainsi, malgré sa destruction, Avaricum demeure le socle historique sur lequel s’est construite la ville actuelle.
Petit lexique du siège d’Avaricum
Ville fortifiée gauloise installée sur une hauteur et protégée par des remparts. Avaricum était un oppidum majeur du peuple des Bituriges Cubes.
Type de rempart gaulois décrit par Jules César. Il était constitué d’une structure mêlant bois et pierres, particulièrement solide et difficile à détruire.
Camp militaire romain. Les légions établissaient des camps fortifiés organisés selon un plan précis pour protéger les soldats et organiser les opérations de siège.
Rampe d’assaut construite par les Romains pour atteindre les remparts d’une ville assiégée. À Avaricum, César fit édifier un immense agger afin de permettre aux légions d’atteindre les fortifications gauloises.
Tour de siège mobile utilisée par les Romains. Elle permettait aux soldats d’atteindre la hauteur des remparts et d’attaquer les défenseurs depuis une position élevée.
Machine de guerre romaine capable de lancer des projectiles à grande distance, souvent des traits ou des pierres. Elle fonctionnait grâce à un système de torsion.
Machine de siège utilisée pour projeter de lourdes pierres contre les remparts ennemis. Son nom vient du mouvement violent de son bras qui rappelle le coup de pied d’un onagre (âne sauvage).
Formation militaire romaine où les soldats rapprochaient leurs boucliers pour former une protection collective, semblable à une carapace de tortue.

Bernard Capo
Né le 1er juin 1950 à Bourges, dans la ruelle médiévale des Urbets, Capo grandit dans une famille nombreuse où se mêlent influences culturelles et artistiques. Son père, dessinateur industriel et bibliophile, et son environnement familial nourrissent très tôt son goût pour le dessin et la création.
Après une enfance passée dans les quartiers de Bourges et une scolarité à l’école Marcel-Sembat puis au lycée Alain-Fournier, il développe un véritable talent pour le dessin. À la fin de ses études et après un passage dans l’Armée de l’Air à Avord, il entreprend plusieurs voyages à travers le monde – de la Scandinavie au Maroc, en passant par la Turquie, la Grèce ou encore Israël, où il vit plusieurs mois dans un kibboutz.
De retour en France, il multiplie les expériences professionnelles avant de se consacrer pleinement à ses passions artistiques. Auteur-compositeur-interprète dès l’adolescence, il écrit de nombreuses chansons et se produit sur scène, notamment lors du Printemps de Bourges.
Parallèlement, il revient au dessin et s’investit dans la bande dessinée. Il participe à la création de l’Association pour la Bande Dessinée du Centre, anime des ateliers et publie ses premières planches dans un fanzine. Sa carrière prend un tournant décisif lorsque sa bande dessinée Le Roi de Cœur, inspirée de Bourges, est publiée aux éditions du Lombard et paraît dans le célèbre journal Tintin.
Depuis, Capo a publié plus de quarante albums et participe régulièrement à des festivals, des rencontres et des ateliers auprès de différents publics. Entre passion, travail et plaisir de créer, il poursuit un parcours artistique riche, marqué par le dessin, la bande dessinée… et toujours un attachement particulier à la musique, sa première inspiration.





