
Infâme tyrannie de l’homme sur la femme !
Oui, dans les commencements de mon mariage, j’avais la volonté de complaire à mon mari et d’être la femme de ménage qu’il souhaitait que je fusse. En épousant M. Dudevant, je crus choisir l’homme le plus franc et le plus dévoué…
Je ne pourrais conseiller à personne un mariage sanctionné par une loi civile qui consacre la dépendance, l’infériorité et la nullité sociale de la femme… Ô abominable violation des droits les plus sacrés, infâme tyrannie de l’homme sur la femme. J’ai beau chercher le remède dans les injustices sanglantes, aux misères sans fin, aux passions souvent sans remède qui troublent l’union des sexes, je n’y vois d’autre issue que la liberté de rompre l’union conjugale.
Je suis donc allée devant les tribunaux pour demander une séparation de corps et de bien qui m’assure une existence à l’abri des menaces, des outrages, des coups, et de quelque danger plus grave encore… Monsieur Dudevant a été cruellement étrillé par mon avocat, il a eu peur, et sans attendre l’arrêt de la cour de Bourges, il s’est désisté…
Ainsi suis-je devenue définitivement libre, père et mère de mes enfants, l’homme qui dirige l’extérieur et l’écrivaine qui surveille l’intérieur. La ville de Bourges aura été déterminante dans ma renaissance. J’y suis devenue définitivement George Sand.
Georges Buisson

le Théâtre de Marionnettes
Le théâtre de marionnettes de Nohant naît de l’imagination de Maurice Sand et de son ami Eugène Lambert. D’abord improvisés derrière une simple chaise recouverte de tissus, les spectacles prennent rapidement de l’ampleur avec la construction d’un véritable castelet en 1849. Maurice Sand imagine les scénarios, sculpte les visages des personnages et invente des effets spéciaux, tandis qu’Eugène Lambert réalise les décors et que George Sand confectionne les costumes. Reflet de la société et du monde fantastique de leurs créateurs, plus de cent marionnettes verront le jour en près de trente ans.
Moi, Balandard,
chef de troupe !!!
Je porte les cheveux plats, demi-longs et rejetés en arrière. Ma bouche arquée de malice est toujours prête à prononcer un bon mot. Voici, mesdames et messieurs, en avant-première, les personnages de ma célèbre troupe de Nohant !
— Commençons par les figures de la comédie italienne, avec par ordre d’apparition : Pierrot et sa douce Colombine, Brighella et son pourpoint blanc, Pantalon, le Capitaine, Cassandre et Polichinelle ! Voyez l’Arlequin, il porte veste et pantalon à losanges multicolores.
— Maintenant place aux petites gens du peuple : paysans, ouvriers, moissonneurs, grévistes, chef de gare et garde-champêtre !…
— Puis viennent tous les gens de loi avec leurs robes sombres et volumineuses, leurs cravates blanches : huissiers, juges, avocats et procureurs !
— Mais j’entends déjà au loin les roulements de tambours de l’armée ! Vite ! qu’on libère la scène ! Place ! Place ! Voici Napoléon Ier et ses troupes !
— Cher public, fais bien attention à toi ! Les monstres et les diables vont apparaître, ressuscitant sous tes yeux éblouis les Enfers brûlants ! La Cocadrille, Belzébuth et Satanas ! Démons et subalternes, réveillez-vous !
Allumez tous les feux, ouvrez le rideau et que le spectacle commence !!
« Les marionnettes aux traits finement ciselés inspirent une noblesse de caractère. Tandis que les méchants sont dotés de traits alourdis et grossiers. »
Georges Buisson
Les Dendrites
de George Sand
Dans les années 1860, George Sand découvre une technique artistique singulière :
lesdendrites. Cette méthode consiste à écraser quelques gouttes de gouache entre deux cartons de bristol afin de faire apparaître des formes ramifiées, proches des arborescences visibles dans certaines roches.
À partir de ces taches spontanées, George Sand compose ensuite des paysages à l’aquarelle. Elle transforme ces formes minérales en décors poétiques, parfois peuplés de figures familières, comme ses petites-filles ou son chien Fadet.
Ces œuvres témoignent de son goût pour l’expérimentation, mais aussi de son regard sensible sur la nature. Entre hasard, observation et imagination, les dendrites révèlent une autre facette de George Sand : celle d’une artiste attentive aux formes cachées du monde.




Artiste de la vitrine
ISABELLE DUBOIS-MILHIET
Originaire de Bourges, Isabelle se forme très tôt au dessin à l’école des Beaux-Arts de Bourges avant de poursuivre ses études à l’école d’Arts Appliqués Estienne, à Paris.
Sa carrière de directrice artistique l’amène à explorer le vaste territoire de la création visuelle, à travers de nombreuses campagnes réalisées au sein d’agences de publicité. Actuellement, son travail s’inscrit principalement dans les champs de l’art et du design. Ses écritures plastiques privilégiées sont la linogravure et le printmaking, qu’elle utilise pour développer des motifs narratifs sensibles et singuliers. Son univers artistique explore le champs du P/Matrimoine.
Elle a une fascination profonde pour le Berry, territoire intime et source d’inspiration.
« Il y a des heures où je m’échappe de moi, où je vis dans une plante, où je me sens herbe, oiseau, cime d’arbre, nuage, eau courante, horizon, couleur, forme et sensations changeantes, mobiles, indéfinies. »
George Sand – Impressions et souvenirs – 1873


60e édition du Nohant Festival Chopin
À l’occasion de sa 60ᵉ édition, le Nohant Festival Chopin célèbre un double anniversaire exceptionnel : les 60 ans du festival et les 150 ans de la disparition de George Sand. Placée sous le thème « Sand et Chopin à Nohant », cette édition met à l’honneur l’héritage artistique et culturel laissé par ces deux figures emblématiques du romantisme.
Concerts, spectacles, rencontres et jeunes talents internationaux rythmeront cet été musical au cœur de la demeure de George Sand. Un rendez-vous incontournable pour les amoureux de musique, de littérature et de patrimoine.
Découvrez l’ensemble de la programmation et les informations pratiques sur le site officiel du festival.











